Chronique : Le trône de cendre, d’Aurélien Grall

Titre : Le trône de cendre  –  Auteur : Aurélien Grall

Genre : Thriller politique  –  Nombre de pages : 301

Numérique : 0,99€  –  Broché : 12€

Ma note : 13/20

Tout d’abord, je tiens à remercier Aurélien Grall de m’avoir permis de lire son roman par l’intermédiaire de la plateforme Simplement Pro. Je dois vous avouer que malgré la richesse du résumé, je ne savais pas forcément à quoi m’attendre, mais j’étais intrigué notamment du fait que le livre a reçu un accueil globalement positif par les précédentes chroniques.

La France est secouée par de violentes manifestations. Le divorce entre le peuple et les politiques est consommé. L’espoir est mort.
Victime de ces troubles, Walter, jeune étudiant, est tué sous les coups de la police. Adrien, son meilleur ami, jure de ne pas laisser ce crime impuni.
Emporté par sa haine des puissants, il va mener la révolte qui va l’emmener très loin. Sur son chemin, une foule de soutiens le rejoindra, parmi lesquelles Olympe, charmante étudiante en droit qui fera bien vite battre son cœur.
Mais jusqu’où est-il prêt à aller pour faire justice ? Devra-t-il sacrifier jusqu’à l’amour de sa vie au nom de ses rêves de grandeur ?
La réponse pourrait bien donner vie à la plus légendaire épopée de l’Histoire de l’Humanité…
Émeutes meurtrières, coup d’État, complots, déchirements et batailles épiques, le deuxième roman d’Aurélien Grall fait place au grand spectacle. Effrayant par sa fidélité à l’actualité politique, le trône de cendre vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière seconde.
Ce livre numérique contient les épisodes 1, 2 et 3 du trône de cendre ainsi que trois scènes inédites.

De belles intentions, au détriment de la cohérence

Quelques mois plus tard, j’ai lu ce livre quand le moment s’y est prêté et, comme souvent malheureusement ces derniers temps, j’en suis ressorti avec un sentiment mitigé. Aurélien Grall a des qualités littéraires et du talent pour imaginer, c’est indéniable, mais son oeuvre ne m’a pas paru vraiment cohérente.

Je m’explique. L’auteur nous a proposé une révolution de notre monde pour nous montrer ce que pourrait être le futur de notre société si un despote soi-disant animé d’intentions humanistes venant à démanteler le gouvernement que l’on connaît pour libérer le peuple et devenir à son tour un tyran, sans que lui-même ne semble réellement en prendre conscience.

L’idée de base est intéressante et elle est même bien exploitée par moments, son style d’écriture étant relativement agréable dans l’ensemble, quoi que je trouve que parfois, il en fait un peu trop, mais rien de bien méchant. Ses métaphores et ses descriptions font plutôt partie des points forts du récit, et donc des éléments qui ont fait que ma lecture n’a pas été freinée par ses points faibles. Toutefois, le développement a manqué cruellement de consistance, à mes yeux. En effet, de mon point de vue, on est très vite passé de la séquence où on découvre le personnage principal à sa montée en puissance puis au début de son règne. Tout est allé si vite. Beaucoup trop vite. On aurait dit un jeune homme qui se trouvait dans l’intimité avec une jeune femme pour la première fois, il veut tellement bien faire qu’il fonce tête baissée et ne prend pas le temps de s’adonner aux préliminaires. La comparaison est peut-être déplacée, mais en quelques chapitres, on s’est retrouvé dix ans plus tard avec un étudiant lambda qui a anéanti un régime en place depuis des décennies, soutenu par une armée, un système financier et des contacts qui sont noués entre des familles de la haute… Je trouve que l’auteur a négligé l’aspect crédibilité de son histoire, ça ne dérangera pas certains lecteurs mais moi ça m’a quand même gêné. Ne vous y trompez pas, je suis plutôt bon public mais étant donné que dans le récit, j’ai senti une volonté évidente de la part de l’auteur de conférer un réalisme contemporain à son histoire, je me suis dit que c’était raté pour le coup.

Un récit ambitieux malgré un manque de réalisme évident

Toutefois, je ne me suis pas arrêté pour autant de lire. Il y avait quand même de bonnes idées, même si dans l’ensemble, c’était un peu cousu de fil blanc. Ce qui est intéressant, ce sont les nombreux thèmes abordés car, je dois vous l’avouer, je n’ai pas vraiment trouvé le personnage de l’Empereur extrêmement travaillé. On est parti d’un étudiant révolté et indigné pour en arriver à un tyran  despotique qui occupait l’intégralité de son temps à abuser des femmes de  son harem. En tout cas, il met parfaitement en lumière l’hypocrisie inhérente aux gens du pouvoir, si tel était le but de l’auteur. Il dénonce certainement la facilité que l’on peut avoir à critiquer les hommes politiques. Les thématiques ne manquent pas et elles représentent le ciment de ce livre.

On sent notamment dans ses lignes un culte de la femme, un culte que je comprends étant moi aussi une plume masculine, et j’avoue que cela fait partie des petites choses qui m’ont plu, puisque je trouve que les femmes n’ont pas toujours un rôle de figurantes principales qu’elles méritent. Mais je dois avouer que, par moments, c’était too much… En outre, on a surtout vécu le train de vie outrageant de l’empereur mais on s’est peu intéressé à la situation globale de la population. L’auteur a quand même tenu à nous indiquer qu’il vivait dans la misère, mais cela a été abordé de manière très superficielle j’ai trouvé. J’ai l’impression que l’auteur s’est un peu noyé dans la complexité de son univers et que le récit aurait gagné à aller moins vite. L’ascension psychologique d’Adrien Gradlon, le personnage principal, et un parcours plus crédible et plus détaillé dans sa prise de pouvoir m’auraient sûrement permis de mieux adhérer à ce roman. car si on lit Le trône  de cendre, l’on peut se dire que c’est facile de renverser le pouvoir. Dans la réalité, un type qui essaie de s’y prendre aussi brutalement et naïvement, sans prendre de gants et à se montrer comme cela à visage découvert, soit il se prend deux balles et personne n’en entend jamais parler soit il se fait détruire par les médias. Aurélien Grall ne nous a donné que trop peu de raisons à mon sens pour justifier qu’une population entière se soit rangée derrière un étudiant d’une vingtaine d’années. Des ouvriers qui ont trente ans de carrière et des retraités ne vont pas suivre un jouvenceau aussi candide. Et là, en trois coups de cuillère à pot, on avait non seulement un type qui parvenait à convaincre un général haut placé de lui confier une armée mais un type qui ne se prenait pas pour Napoléon, mais qui l’imitait carrément. Cependant, les allusions à cet empereur ne sont pas dénuées de sens et prêtent à mettre en exergue la vraie nature d’un homme considéré comme un héros dans les livres d’histoire. Je  dois l’avouer, je n’ai pas été séduit par la forme du récit, mais les idées et le message, ils sont bel et bien présents !

Maintenant, si je peux paraître sévère, il ne faut pas oublier que ce genre de roman est très dense et complexe à bâtir. Un récit ambitieux et audacieux de la part d’Aurélien Grall, il faut tout de même le reconnaître. C’est toujours la boule au ventre quand je fais un retour pas forcément positif, mais je me dois d’être sincère et de relater ce que j’ai ressenti. Cela dit, au vu du prix séduisant au format numérique, n’hésitez pas à vous procurer le livre si vous aimez les ouvrages parlant de complot politique, et à vous faire votre propre avis !

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Un commentaire


  1. Je te rejoins sur quelques points, notamment sur le fait que tout va très très vite sans que le lecteur puisse saisir les rouages, les mécanismes bien huilés derrière l’accession au pouvoir. Les idées sont présentes, de même que les messages, mais je ne sais pas, il m’a aussi manqué quelque chose pour y adhérer totalement. Dommage.

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