Interview exclusive : Qui est Rebecca Greenberg ?

Je me suis toujours posé des questions sur le sens de la Vie et sur le rôle qui nous incombe en tant qu’êtres humains.Rebecca Greenberg

Bonjour, Rebecca. L’alchimie du destin a fait en sorte que je suis tombé sur une annonce de ta part sur Facebook : tu recherchais de nouvelles chroniques pour ton livre, Le Fil d’Argent, roman qui a été plébiscité dans l’ensemble par la critique. Ainsi, j’ai lu ton livre, et voilà désormais que je te propose de répondre à quelques questions.

Pour commencer, pourrais-tu te présenter en quelques mots, ou en quelques phrases si tu es loquace, et nous donner une idée de qui est Rebecca Greenberg.

Déjà, merci de me donner l’occasion de me faire un peu mieux connaitre auprès des lecteurs, en répondant à tes questions. Je suis juste une maman de famille nombreuse, passionnée par beaucoup de choses (la lecture et l’écriture, entre autres), qui n’a pas voulu laisser un rêve au stade… de rêve.

Ensuite, parlons de ton lien avec l’écriture. Quand as-tu commencé à écrire ?

Comme beaucoup, j’ai commencé à noircir des cahiers entiers à l’âge de l’adolescence, vers 14 ans environ. Il me semble que je venais de lire Le journal d’Anne Franck pour l’école, et j’avais envie d’avoir moi aussi un journal intime. Je commençais mes pages par « Cher Journal » et je racontais ma petite vie d’ado, les anecdotes rigolotes de la classe, etc.

Mais rapidement, le temps passant et le mal-être allant en grandissant, je me suis mise à écrire des choses beaucoup plus profondes et personnelles, des réflexions sur le sens de la vie, sur la souffrance. Quelque chose s’est ouvert en moi. J’ai compris alors que l’écriture pouvait être un moyen de libérer et d’exprimer des émotions intenses. Qu’elle pouvait soulager des maux, à défaut de les faire disparaître. J’ai continué à écrire jusqu’à mes 18 ans, jusqu’à mon départ en Afrique.

A partir de là, tout ce que je voulais écrire s’est retrouvé consigné dans les lettres adressées à ma meilleure amie, restée en France.

Puis, de retour au pays, j’ai rencontré mon futur mari, et je n’ai plus ressenti le besoin d’écrire… La vie m’a emportée dans un tourbillon de bonheur – mariage, naissances – qui m’a ôté la nécessité d’écrire, durant de nombreuses années.

C’est seulement vers l’âge de 40 ans que le besoin est revenu. Lorsque les enfants ont grandi et que j’ai eu plus de temps libre, je me suis mise à lire – c’était Harry Potter ! – et ça a été le déclic. Plus je lisais, et plus la passion de l’écriture reprenait vie.

Des choses enfouies ont refait surface, des idées anciennes, et le roman a commencé à prendre forme dans mon esprit. Les personnages sont rapidement venus me hanter… Ils ne m’ont plus lâchée jusqu’à l’achèvement du Fil d’Argent.

As-tu entretenu un lien particulier avec la lecture au cours de ta jeunesse ? Quelques auteurs t’ont peut-être marquée ?

Un lien particulier ? Ah oui, alors ! Je DÉTESTAIS lire… J’y étais allergique. Les livres imposés par l’école étaient pour moi une véritable corvée. C’est simple, je ne lisais pas, ou très rarement. Étonnamment, les histoires de Stephen King me captivaient, c’étaient les seules.

J’étais nulle en orthographe, les cours de grammaire étaient un boulet. Ironie du sort, je suis aujourd’hui correctrice pro. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer !

Le goût de la lecture – la passion de la lecture – m’est venu avec Harry Potter… et j’avais près de 40 ans !!! Depuis, je dévore les livres. C’est devenu une drogue. Il me faut toujours une lecture en cours.

Rebecca, tu écriras !

Chaque auteur possède une source d’inspiration qui lui est propre. Certains ont besoin d’expier leurs souffrances quand d’autres rêvent de s’évader de notre monde. Quel est ton moteur ?

J’ai écrit Le Fil d’Argent par besoin de me libérer d’un poids énorme : des convictions profondes, difficiles à porter. Au-delà de ça, je ressentais la nécessité de transmettre des messages universels fondamentaux. « Il fallait que ça sorte », comme on dit… J

Si je ne me trompe pas, il s’agit de ton premier roman.  A priori, je ne sais pas ce que tu en penses, mais on peut le classer dans plusieurs genres : le fantastique et le roman historique. As-tu l’intention de t’épanouir dans un genre qui te correspond ou comptes-tu explorer d’autres univers ?

Je ne cherche à explorer aucun genre particulier. J’écris juste ce qui vient, comme ça vient. Le fait est que je suis passionnée par l’Histoire, par le Passé (enfant, je voulais être archéologue), et habitée par des questions métaphysiques et spirituelles. Donc oui, j’écris parce que cela me correspond avant tout. J’ai certaines idées pour un deuxième roman, et elles tournent encore autour de thèmes historiques et métaphysiques.

Le Fil d’Argent présente le parcours d’un homme qui a été victime d’un accident, qui a frôlé la mort et pour qui cette expérience fut une révélation. Il s’agit d’une vraie quête individuelle. D’où t’est venue cette idée ?

Je me suis toujours posé des questions sur le sens de la Vie et sur le rôle qui nous incombe en tant qu’êtres humains. Des questions sur la Vie après la Mort, sur l’Au-delà, sur le Bien et le Mal, sur les injustices dans le monde, sur l’Infinité de l’Espace et la place que nous y tenons. J’ai trouvé des réponses, mais la quête est elle-même infinie… Donc, je continue à chercher, plus loin, toujours plus loin.

L’idée de l’accident et des dons paranormaux m’est venue comme un flash, à l’adolescence. Des images mentales. La tempête, les phares d’un véhicule, un réveil en salle d’hôpital. J’avais tout noté sur des feuilles et je les ai gardées, car je savais que ces images valaient quelque chose, qu’elles n’étaient pas « ordinaires ». Je me disais qu’un jour, j’en ferais peut-être un livre.

Ton roman est marqué par une ambiance fantastique, légèrement surnaturelle. Avec subtilité, cependant. Tu n’as pas utilisé des moyens grandiloquents, simplement quelques métaphores efficaces. À tel point que ce que vit Tom semble plausible. J’en viens au but. Selon toi, l’expérience vécue par Tom demeure-t-elle réellement de l’imaginaire ?

Absolument pas. La décorporation existe. J’y crois sans aucune réserve. Le voyage astral est quelque chose que certaines personnes – dont je ne fais pas partie – expérimentent régulièrement. J’ai entendu certains témoignages digne de confiance dans mon entourage personnel.

Pour moi, ce n’est pas de l’imaginaire.

Le voyage dans le temps, bien entendu, c’est autre chose… Mais, si j’ai ajouté ce phénomène imaginaire, c’est parce que je suis absolument convaincue que PASSE et PRÉSENT sont réellement liés dans nos vies à tous.

Que penses-tu de l’idée que l’être humain puisse évoluer et éveiller des facultés psychiques, à l’image de ce qui arrive à ton personnage principal ? Considères-tu cela comme une éventualité ?

Oui, tout à fait.

Toutefois, tu as abordé d’autres thématiques que la métaphysique, et tu t’es notamment attaquée à la Seconde Guerre mondiale. Est-ce une période de l’humanité qui t’a marquée 

Oui. Depuis l’adolescence. Plus qu’aucune autre période de l’Histoire. J’ai lu énormément de livres à ce sujet et visionné beaucoup de films ou de documentaires. C’est une période qui a une résonance particulière en moi.

Si cela n’est pas indiscret, pourquoi as-tu voulu nous faire revivre des scènes de l’occupation nazie ?

Parce qu’elles m’obsédaient. Me révoltaient aussi.

Avais-tu le fil conducteur avant d’écrire et donc as-tu établi un plan avant de rédiger ton histoire ?

Le fil conducteur, oui. Je savais où je voulais aller. Mais je n’avais pas de plan précis. Les idées sont venues d’elles-mêmes, au fur et à mesure. C’est surtout lorsque je me suis documentée sur la période historique et sur les dons paranormaux que les idées se sont imposées.

Avant que ton livre ne soit publié par une maison d’édition, tu as pris le choix d’éditer toi-même ton livre. Y a-t-il une raison particulière à cela ? Comptes-tu retenter le choix de l’auto-édition à l’avenir ?

La raison est simple : j’en avais marre de recevoir des lettres de refus de la part des maisons d’éditions auxquelles j’envoyais mon manuscrit. Après 12 refus, j’ai décidé d’arrêter et de m’autoéditer sur Amazon, car j’ai vu que d’autres le faisaient et réussissaient particulièrement bien. Je suis entrée en contact avec Luca Tahtieazym et Matthieu Biasotto, dont j’avais lu les livres – c’est aussi ça, la magie de l’autoédition : pouvoir facilement entrer en contact avec les auteurs que l’on apprécie –, et ils m’ont énormément aidée. D’ailleurs, c’est Matthieu, qui est aussi graphiste, qui a fait la magnifique couverture du Fil !

Si j’arrive à aller au bout du second roman, je l’autopublierai et n’enverrai pas mon manuscrit à des ME, car je considère cela comme une perte de temps. Je préfère le contact direct avec les lecteurs, en priorité. Si mon éditeur actuel désire le publier en librairie, je ne refuserai pas évidemment. Mais si ce n’est pas le cas, je ne chercherai pas spécialement à le faire.

Pour Le Fil d’Argent, c’est l’éditeur qui est venu vers moi en me proposant un contrat. Je me dis que si le deuxième doit être édité en maison d’édition, il le sera par ce biais également.

Comment vis-tu ton activité d’auteur ? L’exerces-tu uniquement cachée derrière ton écran d’ordinateur comme je l’ai longtemps fait ou vas-tu à des salons, à la rencontre du lecteur ?

Je reste cachée derrière mon ordi, par pudeur et aussi par la force des choses, parce que j’habite à l’étranger, à 4000 km de la France… Mais j’échange régulièrement (et avec beaucoup de plaisir et d’émotion) avec les lecteurs, en messages privés ou sur les réseaux sociaux.

Ressens-tu une émotion particulière lorsque quelqu’un lit un de tes livres ou lorsque tu découvres une chronique ?

Wow, évidemment ! C’est juste magique et merveilleux ! Ça illumine mes journées.

As-tu un lecteur privilégié dans ton entourage ?

Mon mari, ma meilleure amie (toujours la même depuis le lycée…) et Luca Tahtieazym.

Les deux premiers parce qu’ils me sont proches, et Luca, parce que son avis personnel (et professionnel) sur mes écrits m’est essentiel pour croire en la valeur de ce que je fais. Luca est MA référence littéraire, son talent est incomparable. Si j’avais pu consulter Stephen King, je l’aurais fait aussi, mais Luca est bien plus accessible. J

Si tu étais un livre, ou un personnage de roman, qui serais-tu, Rebecca Greenberg ?

Un livre : Les raisins de la colère, de Steinbeck.

Un personnage : Tom, dans Le Fil d’Argent.

L’écriture est-elle ton activité principale ? Exerces-tu une profession ou d’autres passions ?

Mon activité principale est celle de Maman. Et accessoirement, je suis correctrice littéraire en free-lance, chez moi. Je me suis naturellement spécialisée dans la correction de manuscrits pour auteurs indépendants sur Amazon.

Et j’exerce intensivement ma passion de… lectrice. 😉

Être auteur ou écrivain est un métier particulier, comment cela se passe-t-il avec ton entourage ? Il te soutient ?

Tout dépend du temps que je passe sur mon ordi… lol. Quand je n’abuse pas trop, mon mari et mes enfants me soutiennent à fond. D’ailleurs, ils me poussent à écrire le deuxième. C’est moi qui suis remplie de doutes…

Enfin, je te laisse le mot de la fin. Tu as carte blanche.

Merci infiniment, cela m’a fait plaisir de partager avec toi et les lecteurs.

La seule chose que j’aimerais dire, c’est qu’il ne faut pas hésiter à se lancer dans l’autoédition, si vous êtes auteur et que vous sentez au plus profond de vous que votre roman a de la valeur. Ne perdez pas de temps (et de forces morales) à envoyer des manuscrits aux maisons d’édition. Publiez et participez à des Concours d’écriture : si cela doit se faire, votre livre sera remarqué et édité en fin de compte. Croyez-y et foncez !

Merci Rebecca.

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