L’émancipation des Plumes Indépendantes

Le dimanche 30 septembre 2018, je me suis rendu à Captieux, à l’occasion du premier salon des Plumes Indépendantes, l’association d’auteurs et de gens du métier dont je fais partie. Avec un peu de retard, j’estime qu’il est temps de vous parler de la façon dont j’ai vécu cette journée. Avant d’entrer dans le vif du sujet, remercions deux auteures : Loli Artésia et Erika Boyer, les organisatrices du salon, mais aussi les fondatrices de l’association que je suis heureux d’avoir intégré.

Un exercice nouveau

Pour ceux qui ne me connaissent qu’à travers ma plume, il faut savoir que je suis bien plus loquace à l’écrit qu’à l’oral. J’ai toujours été bien plus à l’aise pour m’exprimer avec un stylo, et cela en dépit de mon écriture de chat, plutôt qu’avec mes cordes vocales. Peut-être se rouillent-elles à force d’être si peu usitées ? Ainsi, je dois vous avouer qu’avant d’enchaîner deux salons au cours de cette année 2018, je ne vivais mon activité d’écrivain que reclus derrière mon écran d’ordinateur, perché sur la chaise de mon salon, snobbant le chien et les trois chats qui se désespèrent de me voir  débarquer dans la cuisine. Oh, je les nourris, mais d’abord, il me faut alimenter mes textes. Difficile pour moi de les lâcher, car cela signifie également que je dois me soustraire aux univers imaginaires que je façonne. Ainsi, à l’occasion du salon, j’ai dû délaisser Leonida Butrika et Esteban Murillo, deux personnages qui me tiennent à cœur, et j’ai dû camper le rôle de Chris Red, l’auteur qui doit aller à la rencontre de ses potentiels lecteurs, de ses confrères et de tous ces artisans qui gravitent autour de nos plumes. M’en suis-je bien sorti ?

Difficile d’être affirmatif, mais je pense que cela s’est bien passé. Je regrette seulement d’avoir peu échangé avec les deux organisatrices, d’une part, car elles ont été très occupées toute la journée, et d’autre part, car je ne sais pas toujours quoi dire ou comment m’exprimer quand je rencontre les gens en vrai. Cela étant dit, j’ai quand même eu l’opportunité d’échanger avec d’autres de mes collègues, principalement avec Attila, Hilda, Antoine et Tia, même si Flore n’était pas loin et que j’ai su apprécié de loin les sourires rafraîchissants d’Agnès, de Frany Jane ou Brigitte, sans compter le naturel de Laurent qui m’a fait grâce de monter sur scène. Il y a eu aussi des rencontres étonnantes que je n’avais pas prévues, à l’image de Yannick et de Cécile. Mais je digresse et j’ai peur d’oublier quelqu’un, après avoir cité autant de monde.

En tout cas, de mon point de vue, la différence d’expérience mais aussi de savoir-faire au niveau de la présentation de mes œuvres était flagrante, en comparaison du soin apporté par certains. Manque de moyens, de temps mais aussi d’instinct sur ce plan-là. Je l’avais déjà constaté à Pierre Bénite, lors du Salon de l’Auto-Édition. Mais le fait d’être confronté à l’imagination de mes semblables quand il s’agit d’agencer soigneusement leur stand, de manière à inviter le lecteur a y faire un tour, me sert de déclic pour m’améliorer à l’avenir. D’ailleurs, j’ai déjà eu des idées pour les éditions prochaines. Il faut dire que si je m’épanouis lorsque j’écris, je n’ai jamais été un vendeur dans l’âme. Si je vous disais que j’ai des scrupules lorsque l’on me donne de l’argent en échange de l’un de mes ouvrages ? Voilà des points sur lesquels je dois travailler, en tant qu’auteur mais aussi en tant qu’homme. Une question d’équilibre.

Quel comportement adopter : t’y achètes ou t’y vends ?

En parlant d’équilibre, je dois vous confesser que je cherche celui censé dicter mon attitude lors de ce genre d’événement. J’avoue que je n’ai pas eu la même attitude qu’à Pierre Bénite où j’avais participé à une table ronde, à une interview et où j’avais été à la rencontre de mes confrères auteurs, notamment parce que j’étais dans l’esprit de découverte, mais aussi parce que je m’impatientais, seul, à mon stand. malgré ma naturelle réserve, j’ai tout de même besoin de contact. Or, à Captieux, le contact, bien que timide le matin, semblait quand même venir d’un peu partout.

J’ai donc passé plus de temps à ma table, mais je n’ai quand même pas hésité à me promener dans la salle, j’ai ouvert grand mes oreilles à chaque table ronde et je suis resté attentif à l’univers de mes collègues. J’ai même repéré un livre dont la couverture m’a tapé dans l’œil. Je ne l’ai pas acquis car il représentait un certain coût mais je compte bien ne pas le perdre de vue, je vais même me permettre de le citer, tiens : Altaïs. J’en profite pour dire que je ne suis pas reparti les mains vides puisque je me suis offert un livre qui n’a cessé de me narguer, jusqu’à ce que je décide de me lancer, un ouvrage posé sur la table de ma voisine, à savoir Hilda Alonso, et qui s’appelle Ce dont rêvent les ombres. Je n’ai pas manqué d’admirer en catimini le travail remarquable des ouvrages de mes collègues, y compris ceux qui se distinguent dans des genres autres que ceux que j’affectionne.

Néanmoins, je n’ai pas rencontré que des partenaires, j’ai également pu discuter avec des lecteurs. J’ai notamment gardé en tête l’image  d’une lectrice compulsive, pleine de vie, qui s’est arrêtée pour prendre des livres sur mon stand mais aussi sur celui de Hilda et de Tia. Plusieurs lecteurs m’ont fait part de leur impression positive sur la couverture de L’Architecte du Temps, et j’ai même eu l’occasion de poser en compagnie d’Aurélie, du blog Des Livres et Moi, qui m’a fait la gentille surprise d’investir sa confiance dans ce roman, après avoir chroniqué dans le cadre des Indés Awards, il y a quelques mois donc, Les Fils du Destin. Sa bonne humeur, sa discussion agréable et le soutien qu’elle apporte aux auteurs auto-édités ne peuvent qu’être un point fort de cette journée. Et j’ai envie de dire aux autres chroniqueuses, et aussi aux quelques chroniqueurs qui se cachent dans ce monde dominé par la femme, de l’imiter ! Venez, on attend que ça! De vous rencontrer et de sympathiser avec vous, sans forcément avoir l’intention de vous vendre à tous prix nos livres.

Le verdict

J’ai beaucoup parlé de moi dans cet article, un peu trop à mon goût, mais je tenais vraiment à donner mon point de vue. Mais maintenant que j’en ai suffisamment dit, il faut évoquer le travail colossal qui a été effectué par les organisatrices et par les personnes qui les ont soutenues. La décoration était discrète mais chatoyante et j’ai gardé précieusement le petit papier qui indiquait mon stand. On sentait que la forêt landaise n’était pas loin, et ce n’est pas l’arbre à poèmes qui va nous prétendre le contraire.

L’ambiance était sympathique et notamment au sein de l’association où on a pris un certain plaisir à se dédicacer nos exemplaires du recueil de nouvelle que l’on a composé tous ensemble : Il était une plume… J’ai apprécié chacun des petits mots glissés par mes partenaires, mais, si je devais en citer un, je retiendrais celui de Loli qui semble m’avoir bien cerné. En tout cas, au cours de cette journée, on a vraiment senti l’orientation que Loli et Erika ont essayé de donner aux Plumes Indépendantes, et cela depuis des mois, et je crois qu’il faut les féliciter. D’autant plus que j’ose croire que cela ne peut que s’améliorer avec le temps.

Et le résultat est réussi. La preuve en est, même si on aurait tous rêvé accueillir plus de lecteurs et vendre plus de livres, je dois vous avouer qu’à la fin de la journée, j’avais envie de recommencer, de rentrer chez moi, de réfléchir à ce que je pouvais améliorer et à ce que j’avais bien fait dans ma démarche d’auteur puis de m’y remettre ! J’ai même contacté l’organisation du salon du livre à Lourdes pour savoir j’y avais ma place. Je pense que cela traduit bien le fait que j’ai passé une belle journée et que j’en redemande, même si je crains que, tout seul, sans les Plumes Indépendantes tout autour de moi, ce ne soit pas pareil.

Maintenant, je vous avoue que j’aurais aimé participé un peu plus à l’organisation, histoire de soulager nos hôtes du jour, mais comme j’ai eu la chance de recevoir le soutien de mes proches, il m’était impossible de ne pas en profiter. À Pierre Bénite, je m’étais retrouvé tout seul dans la jungle de l’auto-édition. En ce jour fatidique du 30 septembre 2018, non seulement, j’ai ressenti l’aura bienveillante des autres Plumes Indépendantes, mais j’ai surtout éprouvé la joie incommensurable de recevoir la visite de mes enfants, de ma femme et de ses parents. Et ça, ça vaut tous les livres du monde !

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4 commentaires


  1. Merci pour ce retour ! Tu dis que tu parles trop de toi mais je trouve qu’au contraire c’est ce qu’il faut, pour qu’on ait les expériences de chacun.

    Heureuse que tu aies passé un bon moment ♡

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    1. Disons que je n’ai jamais aimé me mettre en avant, ce qui est embêtant quand il s’agit de promouvoir son travail. J’apprends, j’apprends ^^ Et puis, je n’oublie pas que l’on fait partie d’une association. Il faut trouver un juste milieu je pense entre la promotion personnelle mais aussi l’esprit d’équipe.

      En tout cas, je suis content d’avoir pu participer à cette journée !

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  2. C’est marrant, je t’ai trouvé plus bavard que moi… Comme quoi ça dépend du point de vue !
    Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à avoir du mal à demander aux gens de payer. La première qui m’a tendu un billet m’a presque surprise… Après j’ai pris le pli et ça allait mieux.
    Pour te rassurer, c’est normal de parler de toi, c’est ton site ! Et tu as beaucoup parlé des autres aussi rassure-toi !
    Antoine a acheté Altais si jamais tu cherches un avis ! Je suis curieuse aussi…

    Un bien joli retour en tous cas 🙂

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    1. Ah, je ne me suis pas comparé aux autres, mais j’ai bien senti qu’on était quasiment tous plus ou moins réservés, première fois que l’on se voit en vrai pour une majorité, contexte du salon… Disons que je peux être plus bavard, j’ai toujours du mal à briser la glace. J’aimerais parler davantage. Tu verras qu’avec l’expérience de ce genre d’événement, on évoluera, on s’habituera à signer des livres, recevoir de l’argent, etc… Après tout, tout travail mérite salaire ^^ Je me le répète pour me convaincre de ne pas donner mes livres à qui les veut bien !

      En tout cas, je ne suis pas surpris de ne pas être le seul à avoir été interpellé par les deux livres d’Altaïs.

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